mercredi 30 mai 2012

Les Trois T



Alors là, attention ! Tellement de choses à vous narrer, que je ne sais par où commencer ni sur quel pied danser. Nous sommes à Arusha, la ville des 3 T. Qui eux ne savent plus sur quel talent chanter.
Mais je m’égare. Car ici, il n’est pas question du groupe éponyme (3T) constitué d’une des portées Jackson qui vous sirupa les oreilles de ses miellosités funky à vous en faire couler des rivières de cérumen dans les années nonante, non, non, ici c’est autre chose.

Arusha, dont l’aéroport est autrement plus prestigieusement baptisé que Roissy Charles de Gaulle (puisqu’il s’appelle tout simplement « Kilimandjaro ») est en effet la ville de base de la plupart des randonneurs tanzaniens, au pied de la montagne mythique et à deux pas du Serengeti, le parc des parcs, la cerise du gateau, l’incontournable où nous n’irons pas non plus car nous sommes ici pour bosser et pas pour nous amuser manquerait plus qu’on voit un truc sympa entre deux salles d’embarquement.

Tourisme, donc, pour le premier T.

Alors le deuxième ? Taie d’oreiller ? Tango? Taboulé ? Pour ceux d’entre nous qui ont un peu plus de culture générale qu’un boa constrictor en pleine digestion, la réponse a déjà fusé : Tribunal !

Mais je te vois, camarade boa, en train de froncer les sourcils derrière ton PC : tribunal de quoi, t’interroges-tu imperceptiblement. Eh bien pour toi, reptile ami, la réponse est là : Tribunal pénal international pour le Rwanda. Qui d’ailleurs n’y sera bientôt plus. Car c’est fini tout ça, comme on vous a déjà raconté dans notre article sur Kigali. Enfin, je ne serai pas étonné qu’une ou deux victimes du génocide ne pense pas exactement ça.

Mais reprenons un troisième thé pendant que le monde s’autodétruit.

Et celui-là risque de nous coûter bonbon : Tanzanite. Car comme chacun sait la tanzanite est une variété bleu à violette de zoïsite. Elle se rencontre souvent sous forme de gemme transparente. Elle a la même formule chimique que la zoïsite Ca2(Al.OH)Al2(SiO4)3 mais avec des traces de vanadium plus franches. Et je n’ai absolument pas fait de copier/coller sur Wikipedia.

Voilà, donc une ville touristique, pleine d’expatriés qui travaillent au tribunal international et vont bientôt s’en aller, et de nouveaux riches qui trafiquent de la tanzanite. Vous voyez le tableau ? Alors, c’est comment ?

Eh ben c’est génial ! Si, si.


Parce que nous n’avons rien vu de tout ça, mais une alliance française charmante remplie de créatures charmantes, des autochtones adorables, un accueil d’une générosité inégalable, un spectacle ultra réussi dans des conditions qui auraient pu relever des 3G ( Gageure et Grosses Galères) mais qu’on n’a pas senti passer tellement on était bien là-bas, tellement on avait envie d’y rester longtemps, tellement on s’est sentis aimés.

Et puis il y a eu Gaëlle Lapostolle. Quelqu’un qui fait des miracles. Enchante le monde. Donne du souffle à la vie. Vous emporte dans un tourbillon d’amour, d’intelligence et de bienveillance. Nous sommes repartis, et comme vous verrez, nous avons continué à avoir de la chance dans la suite de nos aventures. Gaëlle est un trèfle à quatre feuilles dont le charme agit longtemps, longtemps.

Quant aux images, ce sont celles du Kilimandjaro. Enfin ce qu’on en a vu. Car la plus grande star locale est tout bonnement restée la tête dans les nuages.